Bonne petite grasse matinée, il nous fallait bien
ça après l’étape d’hier,
puisque nous ne pouvons déjeuner qu’à
8H30. Bien entendu, la météo reste pluvieuse,
le ciel est couvert de nuages bas et les températures
toujours plus fraîches mais on a le moral, grâce
notamment à la soirée d’hier et aux perfusions
de Vino Tinto du Dr Jean Remy!!!
On
démarre entre deux averses pour remonter cette belle
route d’accès au lac d’Irabia. Ensuite,
le contournement du lac par le sud, sur un petit mono trace,
malgré des passages humides très glissants,
est un régal et nous sommes contents d’être
sur les vtt. Nous poursuivons ensuite sur une belle piste
forestière mais à partir de là, le ciel
a décidé de nous tester pour voir si nous pouvions
résister aux éléments les plus redoutables
sur un vélo. Après une averse diluvienne et
le vent froid, on essuie une bonne averse de grêle peu
avant d’arriver aux « casas de Irati ».
Barrus se demande même un instant ce qui lui tombe sur
le casque. On en profite pour s’abriter sous un auvent
et manger un sandwich.
Une
éclaircie nous donne le courage de repartir sur une
courte portion de route, puis nous empruntons à gauche
une piste roulante. Nous la suivons le long d’un très
beau vallon en versant nord de la Sierra de Abodi, au milieu
d’une hêtraie au couleur de l’automne et
le brame du cerf : grandiose. Une biche nous traverse juste
devant les vélos, un martin pêcheur survole furtivement
le ruisseau, et nous, on se régale de ce spectacle…
mais comme nous continuons à monter, la bruine se transforme
en neige dans les 200 derniers mètres d’ascension.
Les flocons se font de plus en plus épais et denses…nos
vêtements comme les arbres blanchissent lorsque nous
sortons au Collado d’Ollokia à 1326m.
Et là, bonne surprise, la voiture de Jean Remy «
Qu’est ce que vous prenez ?». On rigole un
bon coup d’être là tous les trois, on boit
un gorgeon de Tinto de Navarra, accompagné de deux
carrés de chocolat histoire de recharger les batteries
façon Dr Transfusion. Jean Remy, aux petits soins,
offre même son blouson Gore-Tex –« te
casse pas la gueule, il est tout neuf, c’est sa première
sortie »-à Pierre pour pas se congeler dans
la grande descente. Sans tarder, on se lance sur cette route
au milieu des flocons, à tout juste 50km/h pour Pierre
sans lunettes et donc gêné par les flocons, et
à 60km/h pour Barrus grâce à ses lunettes
transparentes, un grand moment !!!
Nous terminons l’étape sur le goudron, en bifurquant
vers l’Est pour passer un petit col qui nous basculera
sur Isaba, terme de la journée vers 15h. On s’installe
à l’Hôtel Txiki, contents de terminer tôt
pour essayer de se réchauffer et de faire sécher
nos vêtements et chaussures.
On sait, vu la neige qui tombe dès 1200m, que demain,
on ne tentera pas de passer, comme prévu, par le Col
de Petrafitxa (1958 m) et de rejoindre Candanchu. On décide
donc de se préparer un itinéraire un peu plus
« sud » mais il nous manque les cartes.
Jean Remy nous quitte vers 16h pour rentrer sur Bedous en
nous proposant de nous trouver des infos et topos sur internet...
C’est l’assistant idéal !!! Un grand merci,
grâce à lui nous gardons le moral au plus haut
pour continuer. Du coup, on en profite alors pour faire 2h
de sieste…en méditant sur la phrase du jour de
Jean Remy, habitué au long périple en cyclotourisme
: « De toute façon les gars, au bout de 15
jours ensemble, soit on s’engueule soit on s’enc….
».
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