Dès
le lever du jour, le décor de la journée est
planté : la neige, tombée cette nuit, tient
au sol dès 1900-2000 m d’altitude soit pas loin
au dessus de nous, et surtout, on calcule rapidement que nous
devrons marcher 400 m de dénivelé en tennis
(avec cale pour Pierre) dans la neige….mais le ciel
clair et cette robe blanche sur la Maladeta nous offre une
ambiance féerique !!! Malgré tout, le cumul
n’a pas l’air important et on doit pouvoir passer
sans risque.
Comme d’habitude, les petits dej commencent pas trop
tôt versant sud mais ce matin c’est un buffet
grandiose qui nous attend ! Cet énorme gueuleton dans
ce cadre 3* très chaleureux nous donne du courage,
voire de l’excitation, pour la belle journée
qui nous attend….
On démarre à 8h45 et nous roulons les 3 km
sur la petite route en direction du Forau de Aiguallut juste
pour nous échauffer. Au départ du sentier du
Port de la Picade, nous chargeons rapidement les vtt sur les
sacs à dos afin de ne pas nous refroidir et dès
1950 m nous foulons la neige. Le ciel voilé laisse
la place à un grand bleu magnifique.
Au sol, alors que le manteau neigeux s’épaissit
à une dizaine de cm vers 2250 m, Barrus nous traite
de fous. Nous arrivons, après 1h15 de marche non stop,
au Port de la Picade (2470 m) avec un fort vent d’Est
glacial et les pieds trempés. |
Mais, sur le versant oriental du col, le brouillard montant
laisse Pierre perplexe. Barrus connaît l’itinéraire
jusqu ‘à Artiga de Lin, donc malgré le
sentier sous la neige et le risque de se retrouver dans la
purée de pois, on attaque la descente sans même
poser nos sacs pour souffler. Rapidement le brouillard se
dissipe et la neige au sol, moins abondante sur ce versant
Est, se raréfie. On fait donc une pause sur le plateau
vers 1900 m pour détacher les vélos du sac,
rouler 100 m puis pousser jusqu’à Artiga de Lin
!
Nous dévalons les 10 km de route jusqu’au pont
d’Arros à plus de 60km/h, la faim nous prend
et les sacs sont vides. Après des « Cannellonis
de la Abuela » vite avalés, nous attaquons
la seconde difficulté du jour, l’ascension du
Col de Barados sur 18 km et 1100 m de montée, d’abord
sur une petite route tranquille, puis une piste facile. Seule
difficulté, les cannellonis font l’ascenseur
dans nos estomacs mais on résiste !!! Barrus fait une
pause gonflage, il suspecte une crevaison lente…
Au col, sous le regard voisin du Maubermé, un isard
solitaire nous observe. Le ciel couvert voire menaçant
en cette fin de journée nous oblige à ne pas
nous attarder. Superbe descente sur cette piste roulante jusqu’à
Bagergue juste interrompue par un chevreuil surpris de nous
voir arriver si vite.
C’est avec 45 minutes de retard, vers 18h15, que nous
arrivons au rendez-vous avec Gégé, un ami de
Barrus mais aussi bon blagueur, pour le dernier ravitaillement
prévu de notre traversée. Petite séance
graissage, échange de cartes et notes pour la seconde
partie, linge propre pour Barrus, puis on s’engouffre
boire une bière dans l’Hôtel que Gégé
a choisi pour nous ; l’Hôtel Seixes…tout
un programme !!!

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