En
1760, Horace-Bénédict de Saussure se rend pour la première
fois à Chamonix.
Fasciné par le Mont Blanc, il fait publier dans toutes les
paroisses de la vallée de Chamonix qu'il donnera "une
récompense assez considérable à ceux qui trouveraient une
route praticable pour y parvenir".
Le
7 juin 1786, deux groupes de guides tentent de parvenir au
Mont-Blanc.
Jacques Balmat, un solide gaillard de la vallée, décide de
les suivre de loin.
Alors que les guides décident de redescendre, Balmat choisit
de poursuivre. Pris par la nuit, il improvise un bivouac dans
une crevasse. A l'aube, frigorifié mais vivant, il rejoint
Chamonix où il se fait soigner par le docteur Paccard.
L'expérience vécue par Jacques Balmat prouve au docteur
Paccard que l'on peut survivre à un bivouac sur un glacier.
Les deux hommes décident de s'allier. Jacques Balmat toucherait
la récompense de Saussure; en contrepartie, il aiderait Paccard
à monter son baromètre au sommet pour mesurer l'altitude du
Mont-Blanc.
Le 7 août 1786, les conditions sont idéales: une nuit de
pleine lune et un temps au beau fixe.
Michel Gabriel Paccard et Jacques Balmat quittent discrètement
Chamonix. En haut de la Montagne de la Côte, sous un énorme
bloc, ils installent leur bivouac. Après un repos
sommaire, ils repartent à 4 heures du matin. Ils progressent
péniblement au milieu de crevasses et de séracs au
lieu-dit la Jonction. A 3000 mètres, ils abordent
enfin une zone plus facile, sous les rochers des Grand Mulets.
Après une progression pénible, ils arrivent
à 16 heures au Grand Plateau à 4000m d'altitude.
A 18 heures, les voici à quelques centaines de mètres du
sommet. Epuisés, ils jettent leurs dernières
forces à l'assaut de la montagne.
Le
8 août 1786, à 18h23, Jacques Balmat et Michel-Gabriel Paccard
sont les premiers hommes à fouler le sommet du Mont-Blanc.
Après 34 minutes passées au sommet ils redescendent
et regagnent Chamonix ou ils sont reçus comme des héros.
Quand à Horace-Bénédict de Saussure,
accompagné de nombreux guides et de Têtu, son valet de chambre,.
il parvient le 3 août 1787, à 11 heures du matin au sommet
du Mont-Blanc qui le fascinait depuis son enfance.
Le texte publié ici est constitué
d'extraits, particulièrement narratifs,
de ses voyages autour du Mont-Blanc entre 1774
et 1787 avec, bien évidemment, le récit
d'une grande " première " historique
: son ascension au Mont-Blanc.
Le texte est précédé d'une
introduction historique de Roger Canac, lui-même
ancien guide de haute montagne et Dauphinois
de Bourg-d'Oisans.