| Né
le 15 Février 1853 à
Coulanges sur l'Autize, département
des Deux Sèvres, Jean
Marie, Hippolyte, Aymar d'Arlot, comte de Saint Saud
fit ses études secondaires et son droit à Bordeaux.
Son
premier contact avec la montagne eut lieu à Luchon,
à l'âge de quinze ans mais sa première
véritable course fut en 1872
la traversée vallée de Gaube-
vallée de Lutour.
Cette
même année une rencontre avec Edouard
Wallon donne une impulsion définitive à
sa vocation. Entré au Club Alpin Français grâce
au parrainage de Franz
Schrader, il entreprend
ses premières grandes ascensions en compagnie d'un camarade
bordelais étudiant comme lui, Henri
Brulle.
1877
marque le début de ses courses dans les sierras aragonaises
et catalanes qui forment un maquis de petites montagnes entre la
grande chaîne et les plaines de l'Ebre.
S'étant aperçu qu'elles étaient complètement
inconnues il conçut le projet de les explorer. Son ami Schrader
le mit alors en relation avec le capitaine Prudent
qui l'encouragea, le conseilla et le munit d'instruments de topographie
qui ne devaient plus le quitter. Pendant treize ans, jusqu'en 1890,
il va parcourir opiniâtrement les Pyrénées
espagnoles, depuis Ochagavia
en Navarre jusqu'à la
région de Tremp en Catalogne,
afin d'en débrouiller le réseau et d'en établir
une cartographie sommaire, aidé en cela par les calculs du
capitaine Prudent. Il ne négligera
cependant pas, à l'aller ou au retour de ses excursions,
de gravir quelques sommets de la chaîne frontière,
comme le pic d'Algas dont il
réussit la première ascension connue le 15
Juillet 1880, ou le grand pic d'Aratille.
Le fruit de cet énorme travail fut la "Contribution
à la carte des Pyrénées espagnoles"
publiée en 1892 et renfermant,
en six feuilles au 200.000°, le résultat de plus
de deux cent journées d'excursions.
Entre temps, en 1886, il avait
travaillé sur la frontière franco-andorrane et hispano-andorrane.
La
deuxième entreprise d'envergure du comte de Saint
Saud fut l'exploration du massif des Picos
de Europa, sorte de prolongement cantabrique de la chaîne
pyrénéenne. Cette montagne était alors quasiment
inconnue si l'on excepte quelques reconnaissances pour des exploitations
minières. Il l'aborda en 1890
en gravissant la Tabla de Lechugales (2445
mètres) et la Peña Vieja
(2615 mètres), et y revint l'année suivante pour
une exploration du massif central et du massif occidental, ainsi
qu'en 1892 en compagnie de Paul
Labrouche et du guide François
Bernat-Salles. Cette année là il put
atteindre la Torre de Cerredo (2642
mètres), point culminant du massif.
Sa
campagne de 1893 lui permit
de parcourir les massifs central et oriental pour compléter
la documentation destinée à sa carte au 100.000°
parue l'année suivante dans l'Annuaire du CAF.
Il devait revenir aux Picos en 1906,
1907 et 1908
afin d'étendre et de compléter ses levés et
ses observations. Entre temps il s'était occupé de
la région occidentale du Néouvielle
afin de rectifier les inexactitudes de la carte d'Etat Major et,
en 1905 et 1906,
des bassins de Caillaouas et
de Pouchergues où, là
aussi, des corrections s'avéraient nécessaires. Les
dernières campagnes topographiques du comte de
Saint Saud concernèrent, à soixante
dix ans passés, la région de la Pierre
Saint Martin et du pic del Acherito.
Fondateur
de la section du Sud Ouest du Club alpin Français,
de Saint Saud , secrétaire
dès les débuts puis président de 1923
à 1933, a consacré
beaucoup de son temps à l'organisation de la vie de la section,
à ses relations avec la direction parisienne et les sociétés
amies, ainsi qu'à l'élaboration et à la diffusion
de son bulletin trimestriel pour lequel il paie de sa personne en
lui confiant de nombreux articles relatant ses courses en montagne.
Il s'est beaucoup occupé également, entre 1890
et 1900, de la construction
des refuges de Tuquerouye, Packe
et Baysselance ainsi que de
la création de sentiers comme celui du lac de Gaube
à la hourquette d'Ossoue,
de Gavarnie à la brèche
de Tuquerouye ou celui qui porte son nom, toujours à
Gavarnie, de la
Prade Saint Jean au plateau des Entortes
(plateau Bellevue).
La
création en 1903 de la
Fédération franco-espagnole des sociétés
pyrénéistes lui donne là encore l'occasion
d' exprimer sa débordante vitalité et de participer
avec assiduité aux différents travaux de cette structure
fondée par Louis Le Bondidier.
Jusqu'à un âge avancé le comte de
Saint Saud, qui a du renoncer aux ascensions à
77 ans, se mêle à la vie des sociétés
pyrénéistes et savantes dont il fait partie, les représentant
dans les nombreuses manifestations qu'elles organisent. Le 13
Février 1951, il s'éteint dans son appartement
bordelais, à 98 ans moins deux jours.
Son
nom a été attribué au sommet le plus occidental
(3003 mètres) de la crête des Gours
Blancs.
Merci
à Gérard
Raynaud, pour son aide pour la réalisation de cette page.
|