|
Document sans titre
|
| Accueil
/ Le
Pyrénéisme / La conquête du Mont-Perdu |
|
A
LA RECHERCHE DU MONT PERDU, telles pourraient être
sous titrées les premières années de la conquête
de ce sommet mythique – plus haute montagne calcaire d’Europe
– tant son approche depuis le fond des vallées françaises
était laborieuse et ardue, alors qu’il dominait l’horizon
de tous les pics des Hautes Pyrénées.
Jusqu’à
ce jour d’août 1802
où Louis Ramond,
persuadé de mettre toutes les Pyrénées
sous ses pieds, foulait sa cime en compagnie de ses deux guides.
Dès
1787 il avait commencé
à tourner autour, cherchant le chemin le meilleur pour l’atteindre
; en 1797 il s’en
était approché de bien près lors de ses deux
ascensions mémorables à la brèche de Tuquerouye,
mais c’est en 1802
que les choses devaient se décider.
Envoyant
ses guides Laurens
et Rondou en reconnaissance
du coté du col de Niscle,
il avait appris à leur retour que ceux-ci, loin de se contenter
d’une approche, avaient atteint le sommet et en étaient
revenus par le versant sud, inaugurant, à la descente, la
voie dite des échelles.
Quelques jours après, le 8
août exactement, Ramond
atteignait enfin le sommet convoité.
Il n’était donc pas le premier, mais ses guides ne
l’étaient peut-être pas d’avantage...
|
| |
En
1791 en effet, le
capitaine Vicente de Heredia,
travaillant pour une commission franco espagnole de délimitation
de la frontière, menait des opérations géodésiques
au sud de Gavarnie,
et faisait bâtir des signaux de pierres sur des sommets bien
choisis. D’après ses relevés d’observations,
l’un de ses signaux se serait trouvé sur le …
Mont Perdu, et le
chemin du sommet aurait pu lui être indiqué par le
chapelain du sanctuaire de Pineta
qui l’aurait lui-même parcouru.
Tout
cela au conditionnel, et ces points d’interrogation font planer
sur la véritable première du géant de pierre
le mystère et le doute. |
| |
| Dès
1805, Rondou
revenait au Mont Perdu
en compagnie de Charles de Béranger,
et ils inauguraient ce qui allait devenir pour longtemps, le profil
classique de l’ ascension : montée depuis Gavarnie
par la brèche de Roland,
nuit aux cabanes de Goriz,
et ascension du sommet par le sud et les échelles. |
| |
| Le 16
septembre 1817, l’intrépide Friedrich
Parrot, passant par Tuquerouye,
s’attaque au versant nord de la montagne ; il ne réussit
pas, mais cette tentative audacieuse pour l’époque (et
avec un glacier bien plus imposant que de nos jours) mérite
sa place dans cet historique. |
| |

1830 voit la première femme au sommet, et
ce n’est pas n’importe qui : la britannique Ann
Lister qui devait huit ans plus tard s’adjuger
le Vignemale.
Voir
la première ascension féminine du Vignemale
|
| |
Signalons pour l’anecdote le célèbre
caricaturiste Gavarni,
et le russe Platon de Tchihatcheff
qui, en 1842
et quelques jours avant de conquérir l’Aneto,
venait en quelque sorte s’entraîner sur le Mont
Perdu. |
| |
1858
voit plusieurs visites – à l’aube de sa carrière
montagnarde – de Henry
Russell, figure mythique du pyrénéisme
; si l’une de ses ascensions se fit en compagnie d’Alfred
Tonnellé – étoile filante du
pyrénéisme – la dernière est importante
car elle inaugure, sous la conduite du guide Laurent
Passet, l’itinéraire par le col d’Astazou
qui va permettre aux forts marcheurs de monter au sommet et de redescendre
à Gavarnie
dans une même journée.
En juillet
1872, Russell,
toujours lui, tente de retrouver le chemin des premiers vainqueurs
; passant avec Célestin
Passet la brèche de Tuquerouye,
il traverse le vallon du lac glacé,
et franchit à peu près horizontalement les escarpements
des parets de Pineta.
Il n’ira pas, comme Ramond,
jusqu’au col de Niscle
mais obliquera bien avant pour s’arrêter bivouaquer
sur un petit plateau dont il deviendra amoureux, et qu’il
appellera terrasse Bellevue,
décrivant longuement – en une de ses plus belles pages
- son séjour sur cet observatoire d’exception. Le lendemain,
renouant avec l’itinéraire de Ramond,
il atteignait le sommet du Mont Perdu
par l’est. |
| |
Anecdote
amusante : dans ces années-là, une certaine
madame L. parvenait au sommet en compagnie
de quatre guides. Son premier soin fut de s’emparer de la bouteille
dans laquelle les visiteurs précédents avaient consigné
leur passage sur des billets ou des cartes, et de disperser aux quatre
vents tous ces messages. Puis elle introduisit son propre billet dans
la bouteille afin d’avoir la satisfaction de pouvoir dire plus
tard : « vous ne trouverez que le nom d’une femme sur
la cime du Mont Perdu.
»
Malheureusement pour elle, un jeune homme qui l’avait entendue
se vanter ainsi, se mit en route pour le Mont
Perdu et, quelques jours après,
madame L. recevait chez elle la carte de visite
qu’elle avait laissée sur la cime. |
| |
Le 23 décembre
1879, Roger
de Monts, venant de la vallée d’Ordesa,
s’adjugeait la première ascension hivernale du Mont-Perdu
en compagnie des guides Haurine
et Junté.
En septembre
1888, il devait s’illustrer
à nouveau en étant le premier (guidé par Célestin
Passet et François
Bernat-Salles) à gravir le versant nord de la
montagne et ses trois étages glaciaires superposés.
Cette première sensationnelle devait faire grand bruit dans
le petit monde pyrénéiste.
Ses amis Brulle
et Bazillac
lui reprocheront amèrement de ne pas les avoir associés
à cette entreprise audacieuse et s’y rendront dès
l’année suivante. |
| |
| Entre-temps,
en août 1880,
le Mont Perdu avait
eu un avant-goût de ce qu’il vivrait tous les jours à
notre époque : soixante deux montagnards (guides et touristes
confondus) établissaient un campement dans le vallon du lac
glacé avant d’attaquer le lendemain le géant calcaire
et de descendre par Ordesa.
Tout ce monde participait à un congrès du CAF
organisé cette année-là dans les Pyrénées.
Dans le groupe, un seul espagnol, le catalan Ramon
Arabia qui fut probablement le premier espagnol (si
l’on excepte les ascensions douteuses de 1791)
à mettre le Mont Perdu
sous ses pieds. |
| |
Le
11 mai 1906, Gaurier,
Falisse, Robach
et Porter atteignaient
le sommet du Mont Perdu à
ski après un bivouac à la brèche
de Roland. C’était leur troisième
essai : le premier par Tuquerouye
ayant été contrarié par de grosses quantités
de neige fraîche, et le deuxième, par la brèche,
ayant échoué du fait de la défection de Falisse
et du mauvais temps.
Savoir
plus sur l'histoire du ski dans les Pyrénées
|
| |
Le
13 mars 1966, la face
nord était vaincue en hiver par Pierre
Dubosq, Bernard Grenier,
Jean
et Pierre Ravier. Du fait d’un enneigement
abondant, ils purent réaliser cette ascension entièrement
en crampons, sans toucher un seul mètre de rocher. Par contre,
le vent violent et le froid sibérien les accompagnèrent
tout au long de cette course pour laquelle ils avaient élu
domicile dans le vieux refuge de Tuquerouye.
Les
Ravier vont marquer
profondément l’histoire contemporaine du Mont
Perdu puisque nous les retrouvons les 13
et 14 août 1973 pour une nouvelle première,
d’une grande ampleur : l’éperon
des Esparrets et l’arête
est.
Course de 800 mètres de dénivelée pour 450
mètres d’escalade pure, elle est cotée D. inférieur,
se déroule dans un cadre grandiose, et constitue certainement
la plus belle voie du Mont Perdu.
Le 24
septembre 1989, Jean
et Pierre Ravier enlevaient, en compagnie de
Michel Souverain, ce qu’ils
pensaient être l’ultime paroi vierge du géant
calcaire : la petite paroi ouest, coincée entre la voie normale
et la voie des Echelles. Cette escalade d’environ 260 mètres
et de difficulté D. à TD., se déroulait dans
des conditions quasi hivernales et, après sept longueurs
de corde, leur livrait le sommet, à leur entière disposition
ce jour-là. |
| |
Cette
même année 1989,
le 3 janvier exactement,
Francis Mousel, partant
du refuge de Tuquerouye,
avait gravi la face nord, premier volet d’une trilogie qui
devait le mener, successivement et dans la même journée,
sur les faces nord du Marboré
et du Taillon.
Dernier
acte de la conquête du Mont
Perdu, le 13 août
1997, la face sud-est – cette fois la véritable
dernière paroi vierge - capitule sous les assauts de la cordée
Ravier –
Jusnel en un peu plus de trois heures d’escalade
de niveau D+ à TD.
Les quatre
hommes étaient montés la veille depuis Pineta
par le col de Niscle
et, en suivant le GR11,
avaient bivouaqué en contrebas de la punta
de las Olas, vers 2700 mètres d’altitude.
Le lendemain, passant au dessus de la Tour
de Goriz, ils avaient remonté le glacier
de Ramond sur une
neige très dure jusqu’à son point le plus haut,
exactement sous le sommet du Mont
Perdu.
Il ne leur restait plus qu’à attaquer la paroi de 300
mètres de haut qui, en dix longueurs de corde devait les
mener à la cime. |
| |
 |
|
 |
|
Collectionneurs |
|
|
Observations
Faites Dans Les Pyrenees, Pour Servir De Suite A Des Observations
Sur Les Alpes, Insérées Dans Une Traduction
Des Lettres De W. Coxe, Sur La Suisse
A Paris, chez Belin, libraire, 1789. In-8
plein veau marbré du temps, dos lisse orné
de faux nerfs et fleurons dorés, (1f+VIII+452pp).
Exemplaire plaisant malgré de minimes défauts:
reliure légèrement frottée sur les
plats et sur 2 cm au dos, coiffe supérieure manquante
et quelques rousseurs éparses. Intérieur propre,
bonnes marges. Bien complet des 2 cartes et du panorama
dépliants. EDITION ORIGINALE. ¿Député,
préfet et conseiller d'état, puis écrivain
et alpiniste, Ramond fut également savant, étudia
la botanique, la géologie et la physique; il publia
de nombreux ouvrages littéraires et scientifiques
(...) il explora systématiquement la région
du Mont-Perdu...Cet ouvrage est la première description
de la chaîne des Pyrénées (...) livre
capital, acte de naissance des Pyrénées (...)
l'édition originale est très recherchée¿,
(Perret, 3565),(Barbier, III, 606).
Voyages
Au Mont Perdu Et Dans La Partie Adjacente Des Hautes Pyrenees
Paris Chez Belin An IX (1801), In-8 médiocre
couverture cartonnée d'amateur, IV + 392 pages. Bien
complet des 5 planches dépliantes. Quelques rousseurs
et une tache brune assez importante en marge d'une quinzaine
de pages. Cet excellent et rare ouvrage, ici en édition
originale, mériterait grandement d'étre enfin
bien relié. Divisé en 4 parties : PREMIER
VOYAGE AU MONT PERDU ---SECOND VOYAGE AU MONT PERDU ---VOYAGE
DANS : LA VALLEE DE GAVARNIE, A LA BRECHE DE ROLAND, AUX
ESPESSIERES, A GEDRE, A HEAS, AU POIRT DE LA CANAU, A TROUMOUSSE.
---VOYAGE A : VIGNEMALE. AU PIMENE. AU CIRQUE DE GAVARNIE.
Considérations sur la structure de la partie septentrionale
de la chaine.
|
|
 |
|
 |
|
| |
| Merci
à Gérard
Raynaud, pour son aide pour la réalisation de cette page.
|
|
|