|
Extrait d'un article de Robert Ollivier
L'année
1933 fut marquée, au Vignemale, par une succession d'événements
curieux où le hasard, les concours de circonstances,
peut-être un enchaînement logique ou simplement
la fatalité me paraissent illustrer avec beaucoup d'humour
un sens - assez ironique - de l'histoire. 'Le
13 juillet, Aussat, Barrio et Loustaunau réalisent
la seconde ascension du couloir de Gaube. Le 15 juillet, vaguement
avertis de cette concurrence imprévue, mais n'y croyant
pas trop, Cazalet, Lamathe, Ollivier et Senmartin font la
troisième, ramassent en passant au pied du mur de glace
un piton et un piolet abandonnés et sortent au crépuscule
dans l'entonnoir de Gaube, n'ayant pu aborder le couloir que
tard dans la matinée par suite d'un violent orage.
Ils descendent
le glacier d'Ossoue dans la nuit noire... à la lueur
des étincelles d'un briquet.
François
Cazalet, promoteur de l'entreprise, le seul qui, à
l'époque croyait au couloir depuis longtemps, mais
qui en parlait trop, conserva le piolet de Barrio par représailles.
Honnête, il déclara: « Dans un an et
un jour, il est à moi ». Un an après,
moins un jour, Barrio vint récupérer son piolet,
mais pas l'amitié de François, qui s'estimait,
à juste raison semble-t-il, le légitime successeur
de Brulle. |