| Dès lors, au fil des
saisons, les grandes entreprises vont se succéder et
les succès s'accumuler:
- En 1953 la face Sud Est de la Pointe Jean Santé à
l'Ossau et la face Ouest du Quayrat
- En 1954 la face Nord du Piton Carré au Vignemale
et celle de la grande aiguille d'Ansabère
- En 1955 la face Sud Ouest du Grand pic d'Ossau et l 'éperon
Est de la Pointe Jean Santé
- En 1956 l'éperon Nord du Petit pic d'Ossau et la
face Nord de la Tour du Marboré
- En 1957 la traversée hivernale des trois arêtes
du Balaïtous et la face Sud du Tozal del Mallo
- En 1961 hivernales de l'Aiguille des Glaciers au Vignemale
et de la traversée des quatre pointes à l'Ossau
- En 1964 le dièdre jaune au Grand Vignemale et la
face Nord du Cylindre du Marboré
- En 1965 le pilier de l'Embarradère à l'Ossau
et le couloir de l'Y au Vignemale
- En 1966 la face Sud de la Dent d'Orlu
- En 1968 le pilier Nord de l'Arbizon
- En 1969 les faces Nord de la Forcanada et de la Pène
Blanque de Troumouse
Quelques uns des plus entreprenants pyrénéistes
du moment furent souvent à leurs côtés
lors de la réalisation de ces courses; de tous P. Bouchet
fut, vingt ans durant, leur compagnon le plus assidu.
Revendiquant leur spécificité
de "pyrénéistes à part entière",
on ne leur connaît que de rares infidélités
à leur montagne pyrénéenne; la plus notable
fut la participation de Jean à l'expédition
de Lionel Terray au Jannu.
Ce palmarès ne représente
cependant que la partie la plus prestigieuse de l'activité
des deux frères qui ont, au fil des années,
accumulé une impressionnante série de voies
nouvelles ou de parcours originaux :
- Pilier de Barrosa au Robiñera en 1980
- Arêtes de la Sierra Tendeñera en 1982
- Traversée intégrale de la chaîne des
Parets de Pineta en 1985
- Pilier Sud de l'Ardiden en 1986
- Directe Est à la Pique d'Estats en 1988
- Face Ouest du Mont Perdu en 1989
- Eperon Sud Est du Soum de Ramond en 1992 ...
Chefs de file du " pyrénéisme
d'avant garde " comme l'on disait à l'époque,
leur inlassable activité - ainsi que leur vaste culture
pyrénéenne et leur grande gentillesse - leur
valut de présider, de 1965 à 1970, aux destinées
du Groupe Pyrénéiste de Haute Montagne auquel
ils donnèrent, ainsi qu'à sa revue Altitude,
une notoriété jamais atteinte jusque là.
Aujourd'hui les frères Ravier parcourent
toujours passionnément les crêtes pyrénéennes
mais leur peu de goût pour la foule et la pose leur
fait rechercher les massifs ou les secteurs peu fréquentés,
au sein desquels leur insatiable curiosité jointe à
leur grande érudition leur permet de découvrir
encore, dans ce " vieux pays, des courses nouvelles". |