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/ Légendes / La légende de
la première ascension du Canigou |
D'après
la légende, le roi d'Aragon Pere II "el gran"
est monté au sommet du Canigou la dernière année
de son règne, en 1285. C'est ce qu'affirme cet étrange
récit, écrit par Fra Salimbena, un moine
italien.
Ce récit reprend une légende connue dans toutes
les montagnes: dans les lacs sommeillent des forces maléfiques
qui se déchaînent dès que quelqu'un a le
malheur de jeter une pierre dans les eaux... |
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Il est sur les confins de la Provence
et de l'Espagne une très
haute montagne appelée MONS CANlGOSUS
par les habitants du pays... C'est elle qui se montre la première
a ceux qui viennent par mer; quand ils s'éloignent des côtes,
elle est la dernière terre qu'ils aperçoivent.
Cette
montagne, jamais, jamais homme ne l'habita et jamais fils d'homme
n'osa la gravir, tant sa hauteur est grande, tant le chemin est
difficile et pénible : toutefois, à ses pieds existent
des groupes d'habitants.
Pierre
d'Aragon forma le projet de faire l'ascension de cette
montagne, voulant connaître par lui-même ce qu'il y
avait à son sommet. Le roi fit donc appeler deux chevaliers
auxquels il était intimement mêlé et qu'il aimait
beaucoup. Il leur exposa son projet, qui leur sourit fort. Les deux
chevaliers lui promirent non seulement de garder le secret, mais
encore de ne point se séparer de lui un seul instant.
Les
trois compagnons prirent donc avec eux les vivres nécessaires
et les armes convenables et se mirent en route. Ils laissèrent
leurs chevaux dans un village et, lentement, se mirent à
gravir la montagne. Ils avaient déjà fait beaucoup
de chemin et étaient parvenus à une très grande
hauteur, lorsque de formidables coups de tonnerre se firent entendre.
Des éclairs flamboyants sillonnaient l'espace. L 'orage éclata.
Le vent et la grêle firent rage. Saisis de frayeur, les marcheurs
tombèrent à terre, comme inanimés.
Mais
Pierre, qui était plus
robuste et plus courageux que ses deux compagnons et qui était
bien décidé à mener son projet à bonne
fin, les encourageait, les suppliait de ne point se laisser ainsi
abattre par la fatigue et la peur. |
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| Il
leur représentait combien la peine qu'ils prenaient serait
toute en leur honneur et gloire. Pour réparer leurs forces
épuisées, il les aidait à prendre quelque nourriture
et mangeait lui-même pour soutenir son ardeur; puis ils se
remettaient en route, mais la fatigue les reprenait aussitôt,
et Pierre recommençait
ses exhortations et ses encouragements. Ce fut en vain : les deux
camarades du prince tombèrent en faiblesse, exténués,
effrayés par le tonnerre qui grondait toujours, si bien qu'ils
respiraient à peine.
Alors
Pierre les pria de l'attendre
jusqu'au lendemain soir à l'endroit où il les laissait,
les prévenant que si, à ce moment, il n'était
pas venu les rejoindre, ils pouvaient redescendre et aller où
cela leur plairait. Et il continua seul l'ascension avec les plus
grandes difficultés. Quand il fut au sommet de la montagne,
il trouva un étang, il y jeta une pierre; aussitôt
il en sortit un énorme et affreux dragon qui se mit à
voler et qui de son souffle obscurcit l'air et couvrit l'espace
de ténèbres.
Peu
aprés, Pierre put reprendre
son chemin ; il descendit donc, rejoignit ses deux compagnons, leur
raconta par le menu tout ce qu'il avait fait et vu, et les autorisa
à le répéter à qui ils voudraient. "
Merci à Jean Tosti, pour l'autorisation
d'utiliser des cartes postales anciennes provenant de son site. |
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Rando Canigou |
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