| Ludovic
Gaurier
Michel Ludovic Gaurier naît le 02
août 1875 à Bayon
en Gironde. Fils d'un capitaine
au long cours, il descend d'une longue lignée de marins installée
à l'île d'Oleron
depuis 1677.
A l'âge de 16 ans, il vient pour
la première fois dans les Pyrénées
pour soigner des maux de gorges à Argeles.
En 1896, il
a 21 ans et entre dans les ordres. Il est ordonné
prêtre le 04 juin 1898.
Il reste au collège de Pons
comme professeur de sciences naturelles.
En août 1900,
un médecin l'envoie à Cauterets
pour soigner un début de Laryngite. Subjugué par la
beauté des Pyrénées,
il y fait ses premières excursions et commence l'étude
des glaciers du Vignemale. Il
revient dans les Pyrénées
l'année suivante, puis toutes ses vacances. De retour au
collège, il étudie avec ses élèves des
textes de Russell.
Après plusieurs tentatives, le 19
août 1902, avec le guide Paul
Batou, il atteint le sommet du Vignemale.
Après une longue correspondance, le 04
août 1904, il rencontre Russell
aux grottes de Bellevue.(Il
a 29 ans, Russell en
a 70.)
Au début de l'été 1905,
il est frappé de surdité: il doit abandonner l'enseignement
et s'installe à Pau.
Il est voisin de Russell qu'il
côtoie souvent, avec lequel il est uni par une solide amitié.
En 1904 le
ministère de l'agriculture lui demande de poursuivre ses
études glaciaires et de les étendre aux grands glaciers
Pyrénéens. L'état à besoin de pouvoir
connaître l'importance des eaux que l'on peut exploiter, pour
l'irrigation et pour la construction des premières usines
hydroélectriques.
En 1905, sort son
premier ouvrage: "Observations
glaciaires faites au Vignemale".
Jusqu'en 1909,
il se consacre à la glaciologie. Il dresse la liste des glaciers
et des principaux névés des Pyrénées,
et observe leurs mouvements et transformations.
Labbé Gaurier
fut un des pionniers du ski dans les Pyrénées.
En novembre 1905, initié
par Louis
Falisse, il fait ses premières glissades dans
le cirque du Ger. Il apprend
vite et dès sa septième séance, il glisse sur
le glacier d'Ossoue. Cet hiver
là, il réussit le Vignemale.
Le 14 et 15 Mai 1906,
lors d'une tentative d'ascension du Mont
Perdu à skis, il passe avec ses compagnons
une nuit glaciale à la Brèche
de Roland. Pour éviter que cette mauvaise expérience
ne se reproduise, 15 jours plus tard il se met à chercher
un abri naturel sur le versant Sud de la Brèche. Il découvre
une grotte naturelle qui deviendra "l'abri
Gaurier". Dès lors, cet abri servira de refuge
pour les courses dans le massif. La section du CAF du Sud Ouest
finance des travaux d'aménagement (agrandissement et construction
d'un mur) en septembre 1911.
Le 06 juin 1906 avec
Louis Falisse ils sont les premiers
à atteindre le sommet du Mont Perdu
à skis. En plus de la découverte des massifs
en hiver, l'utilisation des skis lui permet d'entreprendre une étude
hivernale des glaciers.
Il se rend au concours international de ski de
Briançon de 1906,
et fait à Grenoble une
conférence sur "le ski dans les Pyrénées".
Fort de cette expérience, il récidive à Bordeaux
et Cauterets, puis à
Saintes et à Toulouse
en 1907. Il maîtrise la
technique de la photographie et il agrémente ses conférences
de projections photographiques.
En 1907 il entreprend, toujours
à la demande de l'état, l'étude des bassins
lacustres du versant Français.
Il étudie,
mesure et cartographie 253 lacs et en inventorie 520.
Il mesure la superficie des lacs à l'aide d'instruments de
visée et la profondeur au moyen de sondages réalisés
grâce à un petit canot de toile démontable.
Voir
Photo [1]
[2]
[3]
Pour achever ce travail sur les lacs, il passe
50 mois en campement
dans des conditions pénibles. Il y est surnommé l'ours
et il en fit l'emblème de son fanion.
Parallèlement, il étudie le complexe
massif de Piedrafita
et après plus de 6 ans de travail, il en
achève la carte en 1910.
A la déclaration de guerre, il est affecté
à la 18° section d'Infirmiers militaires. Puis il rejoint
le comité de propagande touristique fondé par le Touring
Club de France. Il est envoyé en Amérique
du Sud et aux Antilles
dès 1917, pour faire
connaître la France et
les Pyrénées.
Il revient en France en 1919.
Il publie en 1921
"Études glaciaires dans
les Pyrénées françaises et espagnoles de 1900 à 1909". L'académie
des sciences lui remet le prix Gay en 1922.
Son premier Atlas
contenant la carte bathymétrique de 210 lacs parait
en 1929.
La même année, il reçoit la grande
médaille d'honneur de la société de topographie
de France.
En 1931
il est nommé Chevalier de la Légion d'Honneur pour
services rendus à la France.
Après une dernière campagne d'exploration
de lacs, Ludovic Gaurier séteint
à Pau le 16
septembre 1931. Il
repose désormais à Gavarnie.
En 1934, sort
un ouvrage posthume: "Les lacs
des Pyrénées françaises".
En savoir plus:
Voir l'histoire du ski dans les Pyrénées |