Le 27 Février 1949, Bernard Clos et Marcel Jolly réalisent la première ascension hivernale de la face Nord du Vignemale.

la face Nord du Vignemale en hiver

Comment a débuté cette aventure?

Je ne peux le situer exactement.

Déjà, lors de la saison d’hiver 1947-1948, alors que je suis exilé des Pyrénées, l’hivernale de la face Nord de la Pique-Longue hante notre correspondance. J’incite Bernard et André à la tenter. Mais par plus de sagesse devant un inconnu aussi grand, ils décident de s’essayer d’abord sur l’aiguille Jean-Santé. Cette première hivernale est réussie mais elle demande deux tentatives et la saison se termine trop tôt par de grosses chutes de neige. La face Nord du Vignemale continue à occuper nos esprits.

Le 6 février, Bernard se rend en reconnaissance solitaire au pied de la paroi, l’examine durant toute une journée et m’adresse un rapport détaillé. Je cite les principaux passages de sa lettre, dans laquelle, par anticipation, il résume ce que sera notre course.

« Il apparaît que, d’ores et déjà, la course est faisable, comme tu peux en juger par le croquis ci-dessous, d’où il ressort que, s’il n’est pas verglacé, le départ est praticable. Le bas du cirque est la grosse difficulté à mon sens. En effet, la pente est raide et, sans être un miroir, l’endroit est quand même plâtré et glacé. La montée sur l’arête intermédiaire est peut-être assez facile du fait que l’arête sèche n’ aura pas laissé couler le verglas sur ses flancs. L’arête est entièrement bonne, à ce que j’ai pu voir. De cette arête, on débouche sur une plaque de neige très blanche qui s’ infléchit le long de l’itinéraire à suivre; mais cela ne dure pas; le haut que j’aurais cru en mauvais état, toute la partie de la face, schistes rouges compris, voit le soleil dès huit heures du matin et le garde toute la journée, alors que tout le reste de la face n’est jamais ensoleillée. L’ensemble de la course est somme tout rassurant et j’en ai été surpris. Je ne crois pas à un bivouac dans la face, si on commence la course assez tôt… »

Bien trop vite, la dernière semaine arrive. Tout le matériel est prêt. J’ai emprunté des broches à glaces et je porte des crampons à aiguiser à mon ami Robert. Ce dernier, sans se douter de nos projets, m’oblige à écouter leur ascension de l’été dernier à la face Nord de la Pique-Longue. Ils y découvrirent le corps d’un alpiniste espagnol victime d’une chute. Avec bien des détails il me décrit l’ambiance lugubre de leur escalade et insiste sur les difficultés d’assurance dans cette face, la pourriture de certaines parties de rocher… Je reste optimiste, ce récit ne change en rien mes idées. Mon projet est si ancré en moi que rien n’en empêchera l’exécution.

Les derniers jours passent fébrilement. Dès le jeudi précédent, il me semble que la course est déjà commencée; je ne pense qu’à elle et déjà l’émotion m’étreint le cœur…

Tout autour de nous le site est grandiose. C’est sûrement le cirque, le plus austère des Pyrénées et sous son manteau blanc il a un aspect très sauvage. Depuis la Hourquette d’Ossoue jusqu’au col des Mulets ce ne sont que pentes très raides qui nous enserrent: Aiguille des Glaciers, Pointe Chaussenque, Pique-Longue, flanquées de leurs glaciers, me paraissent aussi raides que les plus beaux versants des Alpes.

Nous atteignons la base du couloir de Gaube, où la neige porte très bien. La trace y est facile et la progression devient plus rapide. La rimaye du couloir n’existe pas. Une seule pente uniforme s’élève vers le haut. La rigole aux pierres est encore très peu marquée. Nous rejoignons rapidement le départ du filon vert, lui aussi entièrement bouché par la neige. Nous y aménageons une plate-forme et nous nous installons pour nous restaurer.

Il est 10 h 30. La pénible marche d’approche a duré 2 h 30, alors que l’été il suffit d’une heure. De plus je suis si fatigué qu’il m’est impossible d’avaler quoi que ce soit. Silencieux Bernard apprête la corde et je vois à ses traits qu’il n’est pas en meilleure condition physique.

Nous voici encordés et mon compagnon tâte déjà le rocher. Je lui fais remarquer qu’il n’a pas de gants mais il me répond qu’il a pris l’habitude de supporter le froid.

Les sacs sont très lourds et vont constituer un gros inconvénient tout au long de cette course. Ne voulant rien laisser au hasard, nous avons envisagé le pire et chacun de nous porte le matériel suivant: un sac, un duvet, une cagoule, une patte d’éléphant, trois broches à glace, huit mousquetons, quinze pitons à rocher de toutes formes, les crampons à glace, le piolet, le marteau, une paire de chaussettes, du rnéta, des allumettes, des oranges. Pour ma part, j’ai en plus un mélange de 2 kilo de toutes sortes de fruits secs, d’amandes, de sucre et de chocolat, et une livre d’endives.

L’équipement personnel comprend: deux paires de chaussettes, des chaussures à semelles vibram, un caleçon long en laine, un pantalon en drap, une chemise en laine, un pull-over, une veste duvet, un anorak, une casquette et des gants de laine.

Donc à 10 h 30, Clos qui a mis la première main au rocher, commence à s’élever lentement, en dégageant les prises, recouvertes de neige et de verglas; seules les petites aspérités sont sèches. Consciencieusement, j’assure d’en bas sous une avalanche poudreuse. Il fait très froid.

Je guide Bernard en lui indiquant la voie à suivre grâce à des souvenirs vieux de trois ans. Il arrive sous le surplomb qu’il essaye aussitôt mais sans résultat car le haut en est tout verglacé. Il dégage la neige à la main, casse le verglas et se recroqueville pour réchauffer ses doigts. Je le suis anxieusement du regard, il est posé sur deux prises de pied, l’épaule appuyée à la paroi et il souffle dans ses doigts. Enfin il repart et réussit à passer. Toujours avec précaution il arrive à la plate-forme supérieure, cherche un endroit pour s’y caler et me crie de venir.

Je me lève de la position assise dans la neige où je commençais à m’engourdir. J’assujettis mon sac et me prépare à monter. Je trouve deux prises arrondies de main et… un choc violent me laisse pendu par les mains. Tout le bouchon de neige sur lequel nous étions vient de s’écrouler dans la rimaye. L’émotion me serre le ventre et je sens une grande douleur dans les bras. Par un effort de volonté j’essaye de sortir de cette position. Je voudrais avertir Bernard qui ne se doute de rien, mais je ne peux articuler un son. Mes souliers glissent en vain sur la roche lisse. Enfin, mon pied accroche une aspérité et me permet en me tirant sur les bras de m’élever et de remplacer ma prise de main droite par un appui de main. Habitué à ce genre d’escalade sur les rochers de l’Ile-de-France, je retrouve mes réflexes, amène mon pied à côté de ma main et me redresse. Je reste là, pantelant, essoufflé, avec des bourdonnements dans la tête. Mais la corde tendue me sollicite et je repars, les mains hésitantes et les jambes tremblantes. Mes gants de laine fine me tiennent chaud, tout en me permettant de bien sentir le rocher. Les prises ont été dégagées par Bernard et d’ailleurs dans cette cheminée du filon vert elles sont très bonnes.

J’arrive sous le surplomb que je ne parviens pas à franchir. J’ essaye de plusieurs manières mais l’émotion du départ m’enlève toute audace et toute confiance en mes moyens. Je parviens cependant à trouver l’opposition nécessaire et bientôt je suis en haut. La montée du filon vert nous a demandé une heure.

Ma fatigue va croissant et ma tête bourdonne de plus en plus. Là, j’éprouve une très grosse déception. La plate-forme habituelle n’existe plus. Bernard se trouve assis à son extrémité sur le vide; il n’y a pas de place pour deux. Tout le reste de la plate-forme est occupé par une plaque de verglas à 45°. Je reste sur les dernières prises pour lui permettre de partir et je m’empresse d’occuper sa place où je me cale de mon mieux pour l’assurer. Il doit franchi la plaque de verglas qui est dépourvue de toute prise et ne présente à sa partie centrale qu’un bloc de rocher qui émerge. Il met un pied sur ce bloc de rocher et, penché sur la plaque, les mains en appui, il se rétablit. Un grand enjambement lui permet d’atteindre le rocher puis de saisir des prises de main. Ensuite, lentement, régulièrement il poursuit sa montée. Quelques aspérités parcimonieuses qui émergent constituent d’excellentes prises car elles sont dépourvues de neige et de glace. A mon tour de monter. Chaque élévation de membre me demande un effort de volonté. J’essaye d’avaler quelques raisins secs mais il me faut des efforts surhumains pour réprimer les nausées que cela m’occasionne. Dans ce piteux état chaque longueur de corde me laisse complètement anéanti. La caractéristique de cette course en cette saison est l’absence de plates-formes qui sont occupée par le verglas. Aussi tous les relais sont délicats et souvent exécutés sur de petites prises. Dans ces conditions, l’assurance est très médiocre malgré mes efforts pour utiliser toutes les ressources naturelles. La seule solution efficace est sans doute de faire de l’assurance artificielle, mais cela ralentirait énormément l’allure. Mes gants se sont usés au bout des doigts et font des mitaines parfaites. Tout en me tenant chaud, ils me permettent de m’accrocher efficacement au rocher.

Notre progression lente nous amène, à 13 heures, au pied de l’arête intermédiaire, au départ de la vire qui, sur la gauche conduit en dessous du cirque suspendu. Nous en profitons pour nous restaurer malgré notre peu d’appétit. Nous examinons la situation.

Nous savons que si nous parvenons à l’arête, la course sera gagnée mais nous appréhendons fort le bas du cirque que nous avons vu plein de traînées de verglas noirâtre.

Depuis le début, j’avais envisagé de partir à droite vers la cheminée des Autrichiens, cheminement qui paraissait bien plus sec, et de rejoindre l’arête à hauteur du premier gendarme. Cet itinéraire décrit dans le guide ne nous exposait qu’à une traversée délicate qui d’en bas semblait déneigée. Enfin, pour me convaincre, la vire de départ vers le cirque gris est enneigée et verglacée. Je décide donc de partir à droite vers la cheminée des Autrichiens. Nous traversons deux grandes langues verglacées et enneigées et à vingt mètres de la bifurcation nous avons la joie de trouver une voie en écharpe ascendante vers la gauche, très facile, qui en quelques longueurs de corde nous amène dans le cirque sur les flancs de l’arête. Toute cette partie-là, presque, déneigée, a permis une marche plus rapide et nous arrivons sur une bonne vire où nous nous reposons.

Notre inspiration a été excellente car le bas du cirque se présente sous une forme peu engageante. De larges coulées de verglas provenant de la fonte des neiges ont ruisselé sur toute sa partie inférieure et les derniers ressauts ont une vraie carapace. Le surplomb blanc à la limite des vires apparaît véritablement cuirassé. Nous avons par cette voie, gagné un temps appréciable et, sûrement, évité un obstacle peut-être infranchissable. De plus, cela constitue pour 1’été une voie d’ascension facile, où l’assurance est bien meilleure que les voies dominant le couloir de Gaube.

A chaque longueur de corde j’attends avec appréhension, le moment où il me faudra repartir et Bernard m’avoue qu’il est dans le même cas. Personnellement la tête me tourne un peu. Pour me donner le coup de fouet nécessaire, je prends dix morceaux de sucre que j’avale facilement.

Tout occupés à nous battre contre le verglas et la neige poudreuse, nous n’avons pas eu le temps de nous préoccuper du site nous environne. Je pense d’ailleurs que je n’arriverais pas à en décrire l’impressionnante beauté.

Les parois de la Pointe Chaussenque verticales, mouchetées de blanc ont un effet hallucinant. Je signale à Bernard que nous devons être les premiers à contempler ces parois en cette saison. Mais nos esprits sont trop absorbés par la suite de l’aventure et nous ne pouvons rêver. Nous reprenons notre marche.

Par le filon vert facile, nous nous élevons vers l’arête; le froid est toujours vif. Nous supportons aisément nos confortables vestes duvet en nylon. Mais le plus désagréable est d’avoir le bout des doigts qui se colle au rocher à cause du gel. Souvent il faut tirer pour décoller d’une prise.

J’avais gardé une impression facile de cette face et je la trouve toute différente: j’avais oublié qu’il y avait tant de vide, que l’assurance était si précaire…

L’arête est gravie et nous virons sans difficulté vers la cheminée conduisant au deuxième gendarme.

Comme nous l’avons prévu, elle est enneigée mais pas verglacée. La brèche est occupée par une corniche. Je sens un renouveau qui s’opère en moi. Est-ce l’effet du sucre? Je commence à grimper avec facilité et insouciance. De plus, j’ai faim. J’arrête Bernard et me restaure abondamment. Lui a très soif et je partage une orange.

Les premier et second ressauts n’offrent pas de difficultés. Au contraire l’assurance est excellente. Bernard attaque le troisième ressaut plus délicat. Il se coince dans le dièdre et progresse lentement. Je le suis attentivement des yeux tout en assurant sur un becquet, mais assurance en diagonale. Au moment de se rétablir, ses pieds qui étaient sur deux prises arrondies par le verglas glissent et il reste pendu par une main. Lentement il réussit à prendre une autre prise de main, à poser un pied, puis à se rétablir au-dessus du ressaut. Quelle émotion j’ai eue!!! Je pense que la sienne a dû être encore plus grande car je le vois bien pâle et les traits tirés. Je le rejoins rapidement.

Nous enfilons rapidement l’arête qui conduit à la sortie de la cheminée des Autrichiens. Elle est encombrée de neige mais la progression est facile.

Il s’agit maintenant de traverser à gauche tout un cirque pour rejoindre l’épaule dont la partie supérieure va se perdre dans les schistes rouges qui ont l’air à peu près déneigés. Ce cirque est occupé par une plaque de neige qui semble engageante et facile. Il s’agit d’y descendre, puis de la traverser dans toute sa longueur en diagonale ascendante.

Je souffre d’une légère dépression nerveuse. Maintenant que je sens le but proche, que les difficultés supposées ont été vaincues, j’ai une certaine appréhension. Je considère ce vide, cette neige avec un respect angoissé. Devant la proximité du but, je redouble de prudence et j’assure très fortement Bernard. Ce dernier, qui m’avouera par la suite avoir souffert des mêmes obsessions, descend prudemment et atteint la plaque où nous devons chausser les crampons et sortir les piolets.

Mais avant de me faire venir, il essaie l’état de la plaque neigeuse… Un seul coup de pied nous renseigne sur le piège tendu: la neige poudreuse part en avalanche dans les à-pics qui dominent le cirque. Son bruit de glissement sinistre se prolonge dans les parois environnantes. Et sous cette neige il ne reste qu’une noire plaque de verglas.

Au lieu de nous livrer à une acrobatie sur cette vitre, à perdre du temps, à tailler des marches dans ce matériau dur et qui s’égaufre, je conseille à Bernard de contourner la plaque par les rochers.

Il remonte donc et commence à virer sur des dalles. Son idée est de rejoindre l’étranglement de neige qui lui permettra d’atteindre l’autre rive d’aspect plus engageant. Au milieu des dalles, il se trouve à bout des vingt-cinq mètres de corde. Aucun point d’assurance; lui-même ne tient que sur une prise de pied et une prise de main. Je lui conseille de planter un piton. Pour trouver son marteau qui ne nous avait pas encore servi, il est obligé de fouiller dans son sac. Avec anxiété je suis les moindres détails des acrobaties auxquelles il se livre et je me crispe sur le becquet d’assurance. Il est à deux mètres au-dessus de la plaque de neige, toboggan redoutable et au-dessus de sa partie la plus longue dont le bas plonge directement dans le vide.

Là, sur un pied, une main à plat sur la dalle inclinée, il enlève son sac, le coince sur le genou de sa jambe libre, l’ouvre, y prend le marteau, et remet le sac sur son dos. Son effort doit être terrible car sa jambe support tremble. Enfin, après plusieurs tentatives, il réussit à planter le clou qui sonne d’ailleurs assez faussement.

Il me demande de le rejoindre mais j’ai tout de suite une inspiration:
– » Ton piton est-il solide ?
– Pourquoi ?
– Parce que je vais traverser en pendule la bande de neige, je monterai t’assurer le plus haut possible et tu penduleras également.
– Non, le piton ne tiendra jamais cela. »

C’est particulièrement rassurant. La prise de relais est très difficile et comme je ne peux occuper sa position qu’après son départ nous restons un moment sans assurance. Enfin je prends sa place exposée.

Je l’engage à ne pas continuer à virer car je me sens mal à l’aise pour poursuivre cette escalade au-dessus de la plaque de neige. Devant nous un dièdre-cheminée semble une excellente voie pour rejoindre directement l’épaule. Bernard s’y dirige et pour une fois notre intuition était bonne. Bientôt réunis, nous savourons le sentiment indescriptible d’avoir surmonté une nouvelle difficulté.

Nous montons en suivant l’arête qui est très enneigée et en corniche. Le cheminement demande quelques précautions: tantôt, il faut descendre de deux mètres sur un versant, tantôt, il faut virer sur l’autre pour enjamber une langue de neige. L’ambiance sévère de la course nous tient fortement et c’est avec d’infinies précautions que nous avançons. Mais les prises sont bien plus solides qu’en été car elles sont scellées par le gel; souvent il nous arrive de nous accroché à un caillou émergeant de la glace où il tient très bien.

Sur un petit ressaut, à la base des schistes rouges, nous considérons le grand vide qui s’ouvre de tous côtés, et nos derniers points de repères sont les sommets des gendarmes qui s’inscrivent sur le glacier des Oulettes.

La première longueur de corde nous amène en pleine paroi à trois mètres sous une vire. Force nous est d’y sacrifier le second piton de la journée et au-dessus nous nous réunissons pour la dernière épreuve avant la détente.

Comme nous l’avions prévu, la traversée des schistes rouges à peu près déneigés est facile: nous y déployons toutes sortes de précautions tant le gouffre sur la cheminée des Autrichiens est peu rassurant. Dix mètres plus loin c’est la fin. Sur une plate-forme de neige de l’arête de Gaube, nous nous étreignons sans un mot, les larmes au yeux. Il est 16 h 30; nous aurons réalisé cette épreuve rapidement malgré notre fatigue et nos sacs trop lourds qui ne nous ont servi de rien. Nous avons traîné tant de matériel inutile! Mais nous ne pouvions le prévoir et nous ne voulions rester prisonniers faute de quelques pitons.

Mais cette aventure n’a pas de fin. Pour moi elle se poursuit toujours, elle m’obsède et les souvenirs qu’elle a implantés en moi ne sont pas près de s’éteindre. Maintenant qu’elle s’oublie pour tous les autres, elle me laisse toujours un point d’émotion au cœur: les souffrances et les luttes communes, les espoirs et les illusions, la crainte et l’angoisse ont établi entre Bernard et moi un lien bien trempé que nous sentons dès que nous nous retrouvons.

Notre amitié ne finira pas plus que ne finira le souvenir de cette aventure.

 

Marcel Jolly

 

 

Marcel JOLLY
Pyrénées n°138
Deuxième trimestre 1984