| La
première ascension de la face Nord du Vignemale
Comment a débuté cette aventure?
Je ne peux le situer exactement.
Déjà, lors de la saison dhiver 1947-1948,
alors que je suis exilé des Pyrénées,
lhivernale de la face Nord de la Pique-Longue
hante notre correspondance. Jincite Bernard
et André à la tenter. Mais par plus
de sagesse devant un inconnu aussi grand, ils décident de sessayer
dabord sur l'aiguille Jean-Santé.
Cette première hivernale est réussie mais elle demande deux tentatives
et la saison se termine trop tôt par de grosses chutes de neige.
La face Nord du Vignemale continue
à occuper nos esprits.
Le 6 février, Bernard
se rend en reconnaissance solitaire au pied de la paroi,
lexamine durant toute une journée et madresse un rapport
détaillé. Je cite les principaux passages de sa lettre, dans laquelle,
par anticipation, il résume ce que sera notre course.
"Il apparaît
que, dores et déjà, la course est faisable, comme tu peux
en juger par le croquis ci-dessous, doù il ressort que, sil
nest pas verglacé, le départ est praticable. Le bas du cirque
est la grosse difficulté à mon sens. En effet,
la pente est raide et, sans être un miroir, lendroit est quand
même plâtré et glacé. La montée sur larête intermédiaire est
peut-être assez facile du fait que larête sèche n' aura pas
laissé couler le verglas sur ses flancs. Larête est entièrement
bonne, à ce que jai pu voir. De cette arête, on débouche sur une plaque de neige très blanche qui
s' infléchit le long de litinéraire à suivre; mais cela ne
dure pas; le haut que jaurais cru en mauvais état, toute la
partie de la face, schistes rouges compris, voit le soleil dès huit
heures du matin et le garde toute la journée, alors que tout le
reste de la face nest jamais ensoleillée. Lensemble
de la course est somme tout rassurant et jen ai été surpris.
Je ne crois pas à un bivouac dans la face, si on commence la course
assez tôt..."
Bien trop vite, la dernière semaine
arrive. Tout le matériel est prêt. Jai emprunté des broches
à glaces et je porte des crampons à aiguiser à mon ami Robert.
Ce dernier, sans se douter de nos projets, moblige à écouter
leur ascension de lété dernier à la face Nord de la Pique-Longue. Ils y découvrirent le corps dun
alpiniste espagnol victime dune chute. Avec bien des détails
il me décrit lambiance lugubre de leur escalade et insiste
sur les difficultés dassurance dans cette face, la pourriture
de certaines parties de rocher... Je reste optimiste, ce récit ne
change en rien mes idées. Mon projet est si ancré en moi que rien
nen empêchera lexécution.
Les derniers jours passent fébrilement.
Dès le jeudi précédent, il me semble que la course est déjà commencée;
je ne pense quà elle et déjà lémotion métreint
le cur...
Tout autour de nous le site est
grandiose. Cest sûrement le cirque, le plus austère des Pyrénées
et sous son manteau blanc il a un aspect très sauvage. Depuis la
Hourquette dOssoue jusquau
col des Mulets ce ne sont que pentes
très raides qui nous enserrent: Aiguille des
Glaciers, Pointe Chaussenque,
Pique-Longue, flanquées de leurs glaciers,
me paraissent aussi raides que les plus beaux versants des Alpes.
Nous atteignons la base du couloir
de Gaube, où la neige porte très bien. La trace y est facile
et la progression devient plus rapide. La rimaye du couloir nexiste
pas. Une seule pente uniforme sélève vers le haut. La rigole
aux pierres est encore très peu marquée. Nous rejoignons rapidement
le départ du filon vert, lui aussi entièrement bouché par la neige.
Nous y aménageons une plate-forme et nous nous installons pour nous
restaurer.
Il est 10 h 30.
La pénible marche dapproche a duré 2 h 30,
alors que lété il suffit dune heure. De plus je suis
si fatigué quil mest impossible davaler quoi que
ce soit. Silencieux Bernard apprête
la corde et je vois à ses traits quil nest pas en meilleure
condition physique.
Nous voici encordés et mon compagnon
tâte déjà le rocher. Je lui fais remarquer quil na pas
de gants mais il me répond quil a pris lhabitude de
supporter le froid.
Les sacs sont très lourds et
vont constituer un gros inconvénient tout au long de cette course.
Ne voulant rien laisser au hasard, nous avons envisagé le pire et
chacun de nous porte le matériel suivant: un sac, un duvet, une
cagoule, une patte déléphant, trois broches à glace, huit
mousquetons, quinze pitons à rocher de toutes formes, les crampons
à glace, le piolet, le marteau, une paire de chaussettes, du rnéta,
des allumettes, des oranges. Pour ma part, jai en plus un
mélange de 2 kilo de toutes sortes de fruits secs, damandes,
de sucre et de chocolat, et une livre dendives.
Léquipement personnel comprend:
deux paires de chaussettes, des chaussures à semelles vibram, un
caleçon long en laine, un pantalon en drap, une chemise en laine,
un pull-over, une veste duvet, un anorak, une casquette et des gants
de laine.
Donc à 10 h 30,
Clos qui a mis la première main au
rocher, commence à sélever lentement, en dégageant les prises,
recouvertes de neige et de verglas; seules les petites aspérités
sont sèches. Consciencieusement, jassure den bas sous
une avalanche poudreuse. Il fait très froid.
Je guide
Bernard en lui indiquant la voie à suivre grâce à des souvenirs
vieux de trois ans. Il arrive sous le surplomb quil essaye
aussitôt mais sans résultat car le haut en est tout verglacé. Il
dégage la neige à la main, casse le verglas et se recroqueville
pour réchauffer ses doigts. Je le suis anxieusement du regard, il
est posé sur deux prises de pied, lépaule appuyée à la paroi
et il souffle dans ses doigts. Enfin il repart et réussit à passer.
Toujours avec précaution il arrive à la plate-forme supérieure,
cherche un endroit pour sy caler et me crie de venir.
Je me lève de la position assise
dans la neige où je commençais à mengourdir. Jassujettis
mon sac et me prépare à monter. Je trouve deux prises arrondies
de main et... un choc violent me laisse pendu par les mains. Tout
le bouchon de neige sur lequel nous étions vient de sécrouler
dans la rimaye. Lémotion me serre le ventre et je sens une
grande douleur dans les bras. Par un effort de volonté jessaye
de sortir de cette position. Je voudrais avertir Bernard qui ne se doute de rien, mais je ne peux articuler
un son. Mes souliers glissent en vain sur la roche lisse. Enfin,
mon pied accroche une aspérité et me permet en me tirant sur les
bras de mélever et de remplacer ma prise de main droite par
un appui de main. Habitué à ce genre descalade sur les rochers
de lIle-de-France, je retrouve
mes réflexes, amène mon pied à côté de ma main et me redresse. Je
reste là, pantelant, essoufflé, avec des bourdonnements dans la
tête. Mais la corde tendue me sollicite et je repars, les mains
hésitantes et les jambes tremblantes. Mes gants de laine fine me
tiennent chaud, tout en me permettant de bien sentir le rocher.
Les prises ont été dégagées par Bernard et dailleurs dans cette cheminée du filon
vert elles sont très bonnes.
Jarrive sous le surplomb
que je ne parviens pas à franchir. J' essaye de plusieurs manières
mais lémotion du départ menlève toute audace et toute
confiance en mes moyens. Je parviens cependant à trouver lopposition
nécessaire et bientôt je suis en haut. La montée du filon vert nous
a demandé une heure.
Ma fatigue va croissant et ma
tête bourdonne de plus en plus. Là, j'éprouve une très grosse déception.
La plate-forme habituelle nexiste plus. Bernard se trouve
assis à son extrémité sur le vide; il ny a pas de place pour
deux. Tout le reste de la plate-forme est occupé par une plaque
de verglas à 45°. Je reste sur les dernières prises pour lui permettre
de partir et je mempresse doccuper sa place où je me
cale de mon mieux pour lassurer. Il doit franchi la plaque
de verglas qui est dépourvue de toute prise et ne présente à sa
partie centrale quun bloc de rocher qui émerge. Il met un
pied sur ce bloc de rocher et, penché sur la plaque, les mains en
appui, il se rétablit. Un grand enjambement lui permet datteindre
le rocher puis de saisir des prises de main. Ensuite, lentement,
régulièrement il poursuit sa montée. Quelques aspérités parcimonieuses
qui émergent constituent dexcellentes prises car elles sont
dépourvues de neige et de glace. A mon tour de monter. Chaque élévation
de membre me demande un effort de volonté. Jessaye davaler
quelques raisins secs mais il me faut des efforts surhumains pour
réprimer les nausées que cela moccasionne. Dans ce piteux
état chaque longueur de corde me laisse complètement anéanti. La
caractéristique de cette course en cette saison est labsence
de plates-formes qui sont occupée par le verglas. Aussi tous les
relais sont délicats et souvent exécutés sur de petites prises.
Dans ces conditions, lassurance est très médiocre malgré mes
efforts pour utiliser toutes les ressources naturelles. La seule
solution efficace est sans doute de faire de lassurance artificielle,
mais cela ralentirait énormément lallure. Mes gants se sont
usés au bout des doigts et font des mitaines parfaites. Tout en
me tenant chaud, ils me permettent de maccrocher efficacement
au rocher.
Notre progression lente nous
amène, à 13 heures, au pied de l'arête intermédiaire,
au départ de la vire qui, sur la gauche conduit en dessous du cirque
suspendu. Nous en profitons pour nous restaurer malgré notre peu
dappétit. Nous examinons la situation.
Nous savons que si nous parvenons
à larête, la course sera gagnée mais nous appréhendons fort
le bas du cirque que nous avons vu plein de traînées de verglas
noirâtre.
Depuis le début, javais
envisagé de partir à droite vers la cheminée des Autrichiens, cheminement qui paraissait
bien plus sec, et de rejoindre larête à hauteur du premier
gendarme. Cet itinéraire décrit dans le guide ne nous exposait quà
une traversée délicate qui den bas semblait déneigée. Enfin,
pour me convaincre, la vire de départ vers le cirque gris est enneigée
et verglacée. Je décide donc de partir à droite vers
la cheminée des Autrichiens. Nous traversons deux grandes
langues verglacées et enneigées et à vingt mètres de la bifurcation
nous avons la joie de trouver une voie en écharpe ascendante vers
la gauche, très facile, qui en quelques longueurs de corde nous
amène dans le cirque sur les flancs de larête. Toute cette
partie-là, presque, déneigée, a permis une marche plus rapide et
nous arrivons sur une bonne vire où nous nous reposons.
Notre inspiration a été excellente
car le bas du cirque se présente sous une forme peu engageante.
De larges coulées de verglas provenant de la fonte des neiges ont
ruisselé sur toute sa partie inférieure et les derniers ressauts
ont une vraie carapace. Le surplomb blanc à la limite des vires
apparaît véritablement cuirassé. Nous avons par cette voie, gagné
un temps appréciable et, sûrement, évité un obstacle peut-être infranchissable.
De plus, cela constitue pour 1été une voie dascension
facile, où lassurance est bien meilleure que les voies dominant
le couloir de Gaube.
A chaque longueur de corde jattends
avec appréhension, le moment où il me faudra repartir et Bernard
mavoue quil est dans le même cas. Personnellement la
tête me tourne un peu. Pour me donner le coup de fouet nécessaire,
je prends dix morceaux de sucre que javale facilement.
Tout occupés à nous battre contre
le verglas et la neige poudreuse, nous navons pas eu le temps
de nous préoccuper du site nous environne. Je pense dailleurs
que je narriverais pas à en décrire limpressionnante
beauté.
Les parois de la Pointe
Chaussenque verticales, mouchetées de blanc ont un effet
hallucinant. Je signale à Bernard que nous devons être les premiers à contempler
ces parois en cette saison. Mais nos esprits sont trop absorbés
par la suite de laventure et nous ne pouvons rêver. Nous reprenons
notre marche.
Par le filon vert facile, nous
nous élevons vers larête; le froid est toujours vif. Nous
supportons aisément nos confortables vestes duvet en nylon. Mais
le plus désagréable est davoir le bout des doigts qui se colle
au rocher à cause du gel. Souvent il faut tirer pour décoller dune
prise.
Javais gardé une impression
facile de cette face et je la trouve toute différente: javais
oublié quil y avait tant de vide, que lassurance était
si précaire...
Larête est gravie et nous
virons sans difficulté vers la cheminée conduisant au deuxième gendarme.
Comme nous lavons prévu,
elle est enneigée mais pas verglacée. La brèche est occupée par
une corniche. Je sens un renouveau qui sopère en moi. Est-ce
leffet du sucre? Je commence à grimper avec facilité et insouciance.
De plus, jai faim. Jarrête Bernard
et me restaure abondamment. Lui a très soif et je partage une orange.
Les premier et second ressauts
noffrent pas de difficultés. Au contraire lassurance
est excellente. Bernard attaque le
troisième ressaut plus délicat. Il se coince dans le dièdre et progresse
lentement. Je le suis attentivement des yeux tout en assurant sur
un becquet, mais assurance en diagonale. Au moment de se rétablir,
ses pieds qui étaient sur deux prises arrondies par le verglas glissent
et il reste pendu par une main. Lentement il réussit à prendre une
autre prise de main, à poser un pied, puis à se rétablir au-dessus
du ressaut. Quelle émotion jai eue!!! Je pense que
la sienne a dû être encore plus grande car je le vois bien pâle
et les traits tirés. Je le rejoins rapidement.
Nous enfilons rapidement larête
qui conduit à la sortie de la cheminée des
Autrichiens. Elle est encombrée de neige mais la progression
est facile.
Il sagit maintenant de
traverser à gauche tout un cirque pour rejoindre lépaule
dont la partie supérieure va se perdre dans les schistes rouges
qui ont lair à peu près déneigés. Ce cirque est occupé par
une plaque de neige qui semble engageante et facile. Il sagit
dy descendre, puis de la traverser dans toute sa longueur
en diagonale ascendante.
Je souffre dune légère
dépression nerveuse. Maintenant que je sens le but proche, que les
difficultés supposées ont été vaincues, jai une certaine appréhension.
Je considère ce vide, cette neige avec un respect angoissé. Devant
la proximité du but, je redouble de prudence et jassure très
fortement Bernard. Ce dernier, qui mavouera par la suite avoir
souffert des mêmes obsessions, descend prudemment et atteint la
plaque où nous devons chausser les crampons et sortir les piolets.
Mais avant de me faire venir,
il essaie létat de la plaque neigeuse... Un seul coup de pied
nous renseigne sur le piège tendu: la neige poudreuse part en avalanche
dans les à-pics qui dominent le cirque. Son bruit de glissement
sinistre se prolonge dans les parois environnantes. Et sous cette
neige il ne reste quune noire plaque de verglas.
Au lieu de nous livrer à une
acrobatie sur cette vitre, à perdre du temps, à tailler des marches
dans ce matériau dur et qui ségaufre, je conseille à Bernard
de contourner la plaque par les rochers.
Il remonte donc et commence à
virer sur des dalles. Son idée est de rejoindre létranglement
de neige qui lui permettra datteindre lautre rive daspect
plus engageant. Au milieu des dalles, il se trouve à bout des vingt-cinq
mètres de corde. Aucun point dassurance; lui-même ne tient
que sur une prise de pied et une prise de main. Je lui conseille
de planter un piton. Pour trouver son marteau qui ne nous avait
pas encore servi, il est obligé de fouiller dans son sac. Avec anxiété
je suis les moindres détails des acrobaties auxquelles il se livre
et je me crispe sur le becquet dassurance. Il est à deux mètres
au-dessus de la plaque de neige, toboggan redoutable et au-dessus
de sa partie la plus longue dont le bas plonge directement dans
le vide.
Là, sur un pied, une main à plat
sur la dalle inclinée, il enlève son sac, le coince sur le genou
de sa jambe libre, louvre, y prend le marteau, et remet le
sac sur son dos. Son effort doit être terrible car sa jambe support
tremble. Enfin, après plusieurs tentatives, il réussit à planter
le clou qui sonne dailleurs assez faussement.
Il me demande de le rejoindre mais jai
tout de suite une inspiration:
-" Ton
piton est-il solide ?
- Pourquoi ?
- Parce que je vais traverser en pendule la bande
de neige, je monterai tassurer le plus haut possible et tu
penduleras également.
- Non, le piton ne tiendra jamais cela."
Cest particulièrement rassurant. La prise
de relais est très difficile et comme je ne peux occuper sa position
quaprès son départ nous restons un moment sans assurance.
Enfin je prends sa place exposée.
Je lengage à ne pas continuer à virer
car je me sens mal à laise pour poursuivre cette escalade
au-dessus de la plaque de neige. Devant nous un dièdre-cheminée
semble une excellente voie pour rejoindre directement lépaule. Bernard sy dirige
et pour une fois notre intuition était bonne. Bientôt réunis, nous
savourons le sentiment indescriptible davoir surmonté une
nouvelle difficulté.
Nous montons en suivant larête qui est
très enneigée et en corniche. Le cheminement demande quelques précautions:
tantôt, il faut descendre de deux mètres sur un versant, tantôt,
il faut virer sur lautre pour enjamber une langue de neige.
Lambiance sévère de la course nous tient fortement et cest
avec dinfinies précautions que nous avançons. Mais les prises
sont bien plus solides quen été car elles sont scellées par
le gel; souvent il nous arrive de nous accroché à un caillou émergeant
de la glace où il tient très bien.
Sur un petit ressaut, à la base des schistes
rouges, nous considérons le grand vide qui souvre de tous
côtés, et nos derniers points de repères sont les sommets des gendarmes
qui sinscrivent sur le glacier des Oulettes.
La première longueur de corde nous amène en
pleine paroi à trois mètres sous une vire. Force nous est dy
sacrifier le second piton de la journée et au-dessus nous nous réunissons
pour la dernière épreuve avant la détente.
Comme nous lavions prévu, la traversée
des schistes rouges à peu près déneigés est facile: nous y déployons
toutes sortes de précautions tant le gouffre sur la cheminée
des Autrichiens est peu rassurant. Dix mètres plus loin cest
la fin. Sur une plate-forme de neige de l'arête de Gaube, nous nous étreignons sans un mot, les larmes
au yeux. Il est 16 h 30; nous aurons réalisé cette
épreuve rapidement malgré notre fatigue et nos sacs trop lourds
qui ne nous ont servi de rien. Nous avons traîné tant de matériel
inutile! Mais nous ne pouvions le prévoir et nous ne voulions
rester prisonniers faute de quelques pitons.
Mais cette aventure na pas de fin. Pour
moi elle se poursuit toujours, elle mobsède et les souvenirs
quelle a implantés en moi ne sont pas près de séteindre.
Maintenant quelle soublie pour tous les autres, elle
me laisse toujours un point démotion au cur: les souffrances
et les luttes communes, les espoirs et les illusions, la crainte
et langoisse ont établi entre Bernard
et moi un lien bien trempé que nous sentons dès que nous nous retrouvons.
Notre amitié ne finira pas plus que ne finira
le souvenir de cette aventure.
M.
JOLLY
Pyrénées n°138
Deuxième trimestre 1984
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