Georges Ledormeur

Né en 1867 à Rouen, le normand Georges Ledormeur n’était nullement prédisposé à s’éprendre des Pyrénées, mais les hasards de la carrière professionnelle de son père en décidèrent autrement.
En 1880 celui-ci s’installe à Bordeaux et le jeune Georges, dès son instruction primaire terminée, travaille chez un courtier maritime.

La révélation arrive pour lui le 24 février 1894 – il a alors 26 ans – quand il débarque à Tarbes pour un séjour chez son frère, militaire dans cette ville ; sa première promenade l’amène sur le pont de l’Adour d’où il découvre, dans la limpidité d’une belle journée d’hiver, toute la chaîne qui étincelle au soleil.

Ce jour-là va décider de l’orientation de sa vie, et Georges Ledormeur, définitivement conquis, ne quittera plus Tarbes où se déroulera toute sa carrière professionnelle ainsi que sa retraite active.

Il se met rapidement aux excursions, timidement d’abord, puis de manière plus hardie et continue.
En Septembre 1899, lors d’une excursion au Pic du Midi de Bigorre, il rencontre Louis Robach, avec lequel il scellera une longue amitié. En 1901, il fonde la Société des Excursionnistes Tarbais, puis en 1904, il crée avec onze membres la section de Tarbes du club Alpin Français.
Il rentre en 1915 aux Chemins de Fer du Midi en tant que de dessinateur-architecte. A partir de ce moment on pourrait dire de lui qu’il fut un pyrénéiste à temps complet, les cinquante deux fins de semaine de l’année étant presque toutes occupées par la montagne.

On a également dit de lui qu’il était particulièrement mal nommé car, pour assouvir sa soif de découvertes dans le cadre étroit d’une fin de semaine, Ledormeur va supprimer le sommeil et marcher une bonne partie de la nuit du samedi au dimanche pour effectuer ses approches, d’où le surnom affectueux que lui donnent ses amis de  » marchoucrève « .

Le guide LedormeurEsprit méticuleux et ordonné, il note les détails de chacun de ses itinéraires et les horaires de toutes ses ascensions afin, dit-il, de retrouver son chemin lorsqu’il reviendra plus tard ; il arrive ainsi, au fil des années, à accumuler une documentation conséquente et fiable puisqu’elle est le fruit de ses observations personnelles, observations passées au crible d’une critique rigoureuse, et c’est ainsi qu’il se trouve amené à faire profiter les autres de ce trésor de documentation en publiant son guide « les Pyrénées centrales », le célèbre guide Ledormeur, dont la première édition datée de 1928 sera suivie de cinq autres, la dernière en 1950, deux ans avant sa disparition.

Au total Georges Ledormeur aura gravi plus de 1500 sommets différents, dont 120 plus de 3000, et ce en toutes saisons, puisqu’il figure également parmi les pionniers du ski dans les Pyrénées, réalisant le 10 mars 1907, après une course de près de vingt heures, la première traversée à ski du Tourmalet.

Refuge Ledormeur

Mais Ledormeur c’est aussi la carte touristique des Pyrénées centrales au 1/80.000, une impressionnante collection de 6800 photographies prises avec son inséparable Kodak, le refuge qui porte son nom dans le massif du Balaïtous, construit en 1926 selon ses plans et sous sa direction, des tables d’orientation, un nombre considérable d’articles publiés dans la presse régionale et les revues pyrénéistes, ainsi que des conférences avec projections.
Ajoutons à cela que Ledormeur était également artiste, et nous a laissé des dessins et des aquarelles. Il meurt en 1952 et repose désormais au cimetière de Gavarnie.

En 2002, pour le cinquantième anniversaire de sa mort, son guide a été réédité, et un site Internet lui a été consacré, à l’initiative de sa petite fille Denise Doubrère.

Bibliographie

Georges Ledormeur, le roman d’une vie

Né en 1867 à Rouen, Georges Ledormeur, Tarbais d’adoption et dessinateur de métier, développa un goût immodéré pour les randonnées en montagne pour la pratiquer dès qu’il avait le loisir, ce qui lui vaudra le surnom de Marchoucrève. A travers lui c’est toute une époque de la vie tarbaise de la première moitié du XXe siècle que nous fait revivre Jean Lamanètre : un monde pyrénéiste bouillonnant où les montagnards aiment à se retrouver, à échanger, le temps où ils écrivent aussi beaucoup, non pour laisser trace mais pour partager et donner envie. En 1928, mettant à profit sa parfaite connaissance du milieu montagnard et des sommets (il a plus de 1 500 ascensions à son actif !), il rédige un Guide des Pyrénées centrales qui sera plusieurs fois réédité et complété. Il réalise aussi une indispensable Carte des Pyrénées centrales au 1/80000e et des tables d’orientation (Cabaliros, pont de l’Adour à Tarbes…). Son sommet fétiche est le Balaïtous où il fait construire un refuge.