Henri BarrioHenri Barrio fut un des représentants les plus actifs et les plus pittoresques du pyrénéisme de difficulté de cette grande époque de l’entre deux guerres.

Handicapé par une constitution physique déficiente – une main et un pied mal formés – il réussit cependant à égaler le niveau des meilleurs grimpeurs d’alors (François Cazalet, Charles Laffont, Henri Lamathe, Roger Mailly, Robert Ollivier, Jean Senmartin … ) et à leur ravir quelques belles courses dont ils rêvaient.
Ainsi, la face Nord de la Pique Longue échappa aux fondateurs du tout jeune G.P.H.M., car le 08 Août 1933, Henri Barrio et R. Bellocq en réussirent la première ascension.

Il en fut de même pour la seconde ascension du couloir de Gaube qu’il réussit le 13 Juillet 1933, six ans après l’échec de Jean Arlaud et Charles Laffont, en compagnie de Aussat et Loustanau.

Très tourné vers la jeunesse (il était instituteur de profession en vallée d’Aspe), il assura l’encadrement, après la libération, de nombreux camps de montagne pour écoliers, normaliens ou instituteurs à partir du refuge de l’Abérouat au-dessus de Lescun, ainsi que des stages d’initiateurs d’alpinisme.

Extrait d’un article de Robert Ollivier
L’année 1933 fut marquée, au Vignemale, par une succession d’événements curieux où le hasard, les concours de circonstances, peut-être un enchaînement logique ou simplement la fatalité me paraissent illustrer avec beaucoup d’humour un sens – assez ironique – de l’histoire.

Le 13 juillet, Aussat, Barrio et Loustaunau réalisent la seconde ascension du couloir de Gaube. Le 15 juillet, vaguement avertis de cette concurrence imprévue, mais n’y croyant pas trop, Cazalet, Lamathe, Ollivier et Senmartin font la troisième, ramassent en passant au pied du mur de glace un piton et un piolet abandonnés et sortent au crépuscule dans l’entonnoir de Gaube, n’ayant pu aborder le couloir que tard dans la matinée par suite d’un violent orage.

Ils descendent le glacier d’Ossoue dans la nuit noire… à la lueur des étincelles d’un briquet.

François Cazalet, promoteur de l’entreprise, le seul qui, à l’époque croyait au couloir depuis longtemps, mais qui en parlait trop, conserva le piolet de Barrio par représailles. Honnête, il déclara: « Dans un an et un jour, il est à moi ». Un an après, moins un jour, Barrio vint récupérer son piolet, mais pas l’amitié de François, qui s’estimait, à juste raison semble-t-il, le légitime successeur de Brulle.

Merci à Gérard Raynaud, pour son aide pour la réalisation de cette page.